Le CF Montréal : un géant endormi ou un symbole de désengagement ?
Il y a des moments où le silence en dit plus long que les mots. Et dans le cas du CF Montréal, ce silence, ou plutôt cette inertie, commence à peser lourd. Personnellement, je pense que le club est à la croisée des chemins, non pas sur le terrain, mais dans l’esprit de ses propriétaires. La récente sortie de Tony Marinaro, collaborant avec Jean-Charles Lajoie, a mis le doigt sur une plaie ouverte : la famille Saputo a-t-elle encore la volonté de faire briller le CF Montréal, ou est-ce devenu un simple actif parmi tant d’autres ?
Un potentiel gâché ?
Ce qui frappe, c’est le contraste entre les moyens financiers évidents de la famille Saputo et l’état actuel du club. En théorie, rien ne devrait empêcher le CF Montréal d’être une équipe dominante en MLS. Mais voilà, la réalité est tout autre. Les résultats décevants, les changements d’entraîneurs à répétition (12 en 14 ans !), et la valeur déclinante du club soulèvent une question cruciale : est-ce un manque de volonté ou une stratégie délibérée ?
Ce qui fait particulièrement réfléchir, c’est que les Saputo ont été des pionniers. Ils ont mis le soccer sur la carte au Québec et au Canada, offrant des moments mémorables avec des joueurs comme Di Vaio, Piatti ou Drogba. Mais aujourd’hui, on a l’impression que le club est laissé à l’abandon. Est-ce que la passion s’est éteinte ? Ou est-ce que la MLS, en pleine expansion, est devenue trop exigeante pour des propriétaires qui ne veulent pas suivre le rythme ?
Le budget : un faux prétexte ?
L’argument du budget est un refrain que l’on entend depuis des années. Mais soyons honnêtes : la famille Saputo a les moyens. Ce n’est pas une question d’argent, mais de priorité. Comme l’a souligné Marinaro, si les propriétaires ne veulent pas investir, c’est le club qui en paie le prix. Et ce n’est pas juste une question de résultats sportifs. C’est aussi une question d’image, de fierté locale, et de respect pour les supporters.
Ce qui m’interpelle, c’est que le CF Montréal pourrait être un symbole de réussite, un modèle pour d’autres clubs canadiens. Mais au lieu de cela, il devient un exemple de ce qui arrive quand la passion et l’ambition font défaut. Si vous prenez du recul, vous réalisez que ce n’est pas seulement le club qui est en jeu, mais toute une communauté qui se sent trahie.
Un avenir incertain
Le licenciement de Marco Donadel et la nomination d’un 12e entraîneur en 14 ans ne sont que des symptômes d’un mal plus profond. Le CF Montréal semble naviguer à vue, sans direction claire. Et c’est là que réside le vrai problème : l’absence de vision.
En tant que supporter et observateur, je me demande si les Saputo ont encore la flamme. Ont-ils encore envie de gagner, de dominer, de faire rêver ? Ou est-ce que le CF Montréal est devenu un simple investissement, un actif qu’on gère sans passion ?
Une leçon plus large
Ce qui se passe avec le CF Montréal n’est pas un cas isolé. Dans le monde du sport, on voit souvent des propriétaires qui perdent l’envie, qui se contentent du minimum. Mais ce qui est unique ici, c’est que les Saputo ont été des pionniers. Ils ont ouvert la voie. Et les voir se désengager, c’est comme voir un géant se rétrécir.
Si vous y réfléchissez, c’est une leçon sur l’importance de la passion dans le sport. Sans elle, même les plus grandes équipes peuvent tomber dans l’oubli. Le CF Montréal n’est pas seulement un club de soccer, c’est un symbole. Et ce symbole est en train de s’effacer.
Conclusion : un appel à l’action
Personnellement, je crois que le CF Montréal a encore un potentiel énorme. Mais pour le réaliser, il faut plus que de l’argent. Il faut de la passion, de la vision, et un engagement réel. Les Saputo ont une décision à prendre : soit ils se réinvestissent pleinement, soit ils passent la main. Parce que, comme l’a dit Marinaro, ça ne peut pas continuer comme ça.
Et si vous me demandez mon avis, je pense que le club mérite mieux. Les supporters méritent mieux. Le soccer canadien mérite mieux. Il est temps de se réveiller, avant qu’il ne soit trop tard.